pour le 60e anniversaire du compositeur
& dans le cadre de l'Année du Japon en France 1997/98

Yoshihisa TAIRA (né en 1937)

Hierophonie IV, pour 4 flûtes (un exécutant)
Cadenza I, pour flûte seule - Maya, pour flûte basse solo
Stratus, pour flûte et harpe - Synchronie, pour 2 flûtes
Filigrane I, pour flûte et piano
Pierre-Yves Artaud, flûte
Sylvie Beltrando, harpe - Francesca Carta, piano - Riccardo Ghiani, flûte
TRAVERSIERES "Flute Collection" - CD-DDD 210.260 (1998)

Une anthologie exceptionnelle de la musique pour flûte du grand compositeur japonais
établi en France, par son interprète favori, Pierre-Yves Artaud.

Stratus, pour flûte et harpe, a été composé pendant l’été 1971 et créé par les interprètes de ce disque en 1972. La première lecture de l’œuvre fut donnée sous sa forme orchestrée pour harpe, flûte et 22 cordes mais une version courte pour flûte et harpe est restée plus fréquemment jouée. Les deux instruments développent paradoxalement un langage assez proche : les sons haussés de la flûte le sont à la harpe par un jeu de distorsion de pédale, les accords multiphoniques se répondent de part et d'autre, les traits bariolés et les aspects percussifs sont eux aussi répartis entre les deux protagonistes.
Une première section superpose les tenues de flûte aux accords percussifs de la harpe. Une transition rapproche alors les deux instruments dans un style pointilliste qui s’opposera à la section suivante nettement épurée. Les déflagrations des deux instruments entament ensuite une des parties les plus violentes de la pièce et un nouveau passage contrastant expose des tenues immobiles de la flûte (cette fois-ci en multiphoniques) striées de miroitements. Ce principe de contraste continue par une dernière exposition pointilliste et l'ultime partie se construit comme un grand accélérando densifiant ses rythmes et ses dynamiques au-dessus d'un accord obstiné. Le climax atteint s’enchaîne directement à la disparition des caractéristiques habituelles du son : la flûte plonge dans un grave improbable et la harpe perd elle aussi ses hauteurs pour ne plus conserver que son expression percussive.
E. Hondré

Retour


Statistiques web