Martine Géliot
(1948-1988)

M. Géliot, harpe

Martine Géliot naît à Paris dans une famille de musiciens (sa mère et sa grand'mère sont harpistes).
A 14 ans elle se voit décerner à 1'unanimité un Premier Prix au Conservatoire National Supérieur de Paris où elle est élève de Pierre Jamet.
A 16 ans elle remporte le Premier Prix au concours International d'lsraël devant l'élite mondiale de la harpe. Tels furent les débuts, fulgurants, de la carrière de Martine Géliot.
Partenaire des plus grands interprètes (Jean Pierre Rampal, Yehudi Menuhin, Ravi Shankar, J. Jacques Kantorow,
Patrick Gallois, Jacques Vandeville, James Gal- -Rway, Huguette Géliot.), des plus grands chefs d'orchestre - tant en France qu'à l'étranger- elle joue dans les salles les plus renommées, notamment au Carnegie Hall de New-York. Depuis 1977 Martine Géliot était harpe solo de l'Orchestre National de France.
Elle nous a quittés le 7 février 1988.
Un dernier hommage lui fut rendu, quelques jours plus tard par ses amis de cet Orchestre National qui fut le sien pendant une brève période, André Jouve dirigeant le Requiem de Gabriel Fauré en l'Eglise Saint-Roch. . . .
Hommage d'Aubert Lemeland à Martine Géliot
Avec une incomparable qualité de son, un toucher à la fois délicat et puissant, Martine Géliot maîtrisait un instrument qui, mieux que tout autre, symbolise l'esprit de la musique française du XXème siècle. En chacune de ses interprétations la fascination était telle que les oeuvres graves, les moments intenses se métamorphosaient en simples "états de grâce". Ses doigts touchaient au mystère de la musique quand, détachés de la corde, les sons vibraient, lancés dans l'espace. La harpe de Martine Géliot, qui fut comme le roman d'une si brève éxistence - et il y a des disparitions dont on ne se console pas - portait avec elle son harmonie. Coeur destiné à ne battre que trop briévement, mais dans cette briéveté ayant cependant atteint les sommets de son art, Martine qui nous aura tant de fois enchantés "chuchotera toujours à l'oreille de notre âme les choses indicibles", selon une belle expression de Vladimir Jankélévitch.

Entre 1976 et 1981, avec les solistes de l'Ensemble de Chambre Français, que je venais de fonder, Martine Géliot devint, comme je l'avais souhaité, l'âme de cette formation. Bâtir des programmes avec une harpe, quelques cordes et des instruments à vent fut d'abord une aventure mais bien vite aussi une passion que nous fîmes rapidement partager. Et la musique des compositeurs français, notamment, y trouva vite son compte par la révélation d'oeuvres majeures rarement jouées. Trio flûte,alto,harpeDe cette époque, encore si proche, ressurgissent, précis, des souvenirs - instants rares moments d'exeption tels ces concerts en Trio Flûte-Alto-Harpe avec Thomas Prévost et l'altiste Jean Dupouy... Et l'émotion demeure toujours intense devant cette photographie, retrouvée, de nos trois musiciens prise pendant l'été de 1977 lors d'un concert à Aubusson.
Ecoutons donc encore Martine avec ses deux admirables partenaires de l'Ensemble de Chambre Français, musiciens avec lesquels l'entente fut, d'emblée, totale; écoutons ce trio d'instrumentistes virtuoses aux dons exceptionnels mais où chacun sut rester au service de l'autre dans la plus pure tradition de la musique de chambre.
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Extrait de l'hommage écrit par le compositeur Aubert LEMELAND
(L'intégralité du texte se trouve dans le CD Quantum: "Hommage à Martine Géliot".)
Hommage de Jean Cau à Martine Géliot
... Mais combien sont-ils dont le coeur a marqué un battement en lisant le bref entrefilet faisant part de la mort de MARTINE GEL1OT à 39 ans ? Elle aussi, oserai-je écrire surtout, grande artiste. Premier prix à 14 ans au Conservatoire National Supérieur de musique de Paris. A 16 ans, premier prix au concours international d'lsraël. Soliste à l'Orchestre National de France. Consécration au Carnegie Hall, et puis dans le monde entier. Belle, noble, le sourire d'Athéna, l'intelligence brillait dans ses yeux, et l'amour du beau, dans son coeur.

JEAN CAU

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